Il était une fois où j’habitais dans une région bien tranquille. Chaque matin, je prenais ma voiture pour me rendre au travail. Un trajet de dix minutes sans ralentissement et autres bouchons suffisait à me conduire au bureau. Le soir, je rentrais chez moi, toujours aussi tranquillement, empruntant le même trajet. Sinon, je ne sortais pas beaucoup de ma région, juste pour les vacances ou les quelques concerts organisés dans de grandes villes. Mais voilà, maintenant je me suis ouvert au monde, j’habite dans une grande ville encombrée de voitures. Les déplacements sont de vrais parcours du combattant avec en moyenne un ralentissement chaque cinq minutes. Aujourd’hui, lorsque je veux rendre visite à mes amis, dans ma petite région, il me faut subir bien des ralentissements et plusieurs bouchons sur un trajet autoroutier surexploité de quelques 300 kilomètres.
Bien sûr, mes amis sont contre la construction de nouvelles autoroutes, ils me disent que l’argent ira de toute façon aux grandes villes. Peut-être qu’ils ont raisons, mais je ne vois pas pourquoi on changerait quelques choses à la route que j’empruntais lorsque mon domicile se trouvait encore dans cette région paisible.
Dans mon pays, on a peur de faire plus de 20 kilomètres pour aller travailler. Résultat, les villes sont à guichets fermés et les régions périphériques sont pratiquement laissées à l’abandon économique. Le jour où je pourrais à nouveau habiter dans ma toujours aussi paisible région et profiter d’avoir un travail intéressant dans une grande agglomération en sachant qu’il ne me faudra pas le double du temps pour y arriver, un grand pas aura été accompli.
Alors que les entreprises ne cesseront de regrouper leurs activités dans les grandes villes, laissant toujours plus de côté les régions périphériques, il est devenu crucial pour les habitants de ces régions de pouvoir se rendre à leur travail en pouvant au moins atteindre la limitation de vitesse durant une bonne partie de la durée de trajet. Avanti…OUI!
