La campagne en vue des votations du 25 septembre s’intensifie. Les affiches et autres pancartes fleurissent à l’entrée des villes et des villages et de nombreux comités sont créés, dont le «Comité romand contre l’immigration de l’est».
Ce comité fortement opposé à l’extension de la libre circulation des personnes est présidé par l’UDC valaisan Oskar Freysinger. Invité à s’exprimer lundi soir sur la Télévision Suisse Romande, M. Freysinger affirme soutenir la classe moyenne suisse et justifie ses convictions par l’augmentation de la population allemande sur notre territoire qui est, selon lui, le résultat de la forte immigration de travailleurs de l’est dans leur pays. En d’autres mots, le plombier polonais est en train de chasser le bon citoyen germanique de sa patrie. Chiffres à l’appui !
Il est effectivement exact que la population allemande a fortement augmentée dans notre pays ces dernières années, mais il est également étonnant de constater que les pauvres ressortissants allemands qui ont émigrés en Suisse pour échapper à la colonisation orientale occupent des postes qui font plutôt appartenir leur détenteur à la classe supérieure : médecins, cadres bancaires ou encore informaticiens. Cherchez l’erreur !
Une allégation d’autant plus inutile que M. Freysinger l’a lui-même dit : «Le recul que nous avons par rapport au libre passage avec les quinze anciens pays de l’UE s’élève à six mois, ce qui ne permet aucune analyse sérieuse.» Alors quoi ?
C’est avec des arguments de ce genre, sans parler des «bus de “frontaliers” qui risquent de rallier Varsovie (décidemment, le plombier polonais est omniprésent !) à Zurich chaque semaine» que M. Freysinger risque de convaincre la populace à voter “NON”. Et c’est très bien ainsi !
