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Mercredi 22 février 2006 - 16:09 - Vision suisse

La polémique fait rage ! Les petites têtes blondes alémaniques n’apprendront peut-être plus tout de suite le français à l’école car leurs aînés préféreraient qu’ils se concentrent avant tout sur l’anglais; cette langue universelle, soit disant si facile à apprendre. Mais qu’en est-il vraiment ?

Je crois qu’il faut tout d’abord se mettre dans la peau d’un bon suisse allemand pour comprendre un peu mieux sa situation. Le pauvre petit naît avec une langue pratiquée uniquement en Suisse et ce n’est qu’avec son entrée à l’école qu’il fera la connaissance d’une vrai langue : le bon allemand. D’un point de vue culturel, l’Allemagne n’est pas un exemple de diversité spectaculaire, ni porteuse de beaucoup d’émotions, l’adolescent se tournera alors vers les pays anglo-saxons pour sa consommation de biens culturels alors qu’au contraire, la culture française prendra une place plus importante dans le coeur des petits romands.

D’un point de vue professionnel et si je regarde l’environnement dans lequel je travaille (Zurich), l’anglais est bien sûr omniprésent mais ne représente pas la langue de communication universelle entre les collaborateurs ou les différentes entités de l’entreprise. A la rigueur, on l’utilise pour communiquer avec les Américains qui travaillent dans le même bureau que nous, car ils sont tout bonnement incapables de parler autre chose, contrairement aux Anglais beaucoup plus flexibles. Dès lors, il apparaît clairement que sans de bonnes connaissances de l’allemand ou du Schwyzerdütsch, il est bien difficile de s’intégrer socialement.

Cependant, le français reste une langue très appréciée dans la tranche des plus de trente ans où il est encore toujours bien vu de parler quelques mots. Probablement que si elle n’était pas si difficile à apprendre et surtout à parler correctement, elle aurait nettement plus de succès dans les faubourgs alémaniques. Le problème réside surtout dans le fais que nos amis suisses allemands ont déjà suffisamment de peine à parler correctement le bon allemand, à baragouiner les quelques mots d’anglais qu’ils ont besoin pour accomplir leurs tâches professionnelles pour encore leur demander de s’investir dans une langue qu’ils voient un peu comme élitiste.

En conclusion, le débat n’a pas beaucoup de sens puisqu’il est aujourd’hui indispensable pour être flexible sur le marché du travail suisse de parler au moins le français et l’allemand, l’anglais restant indispensable pour les tâches à vocation “intercontinentales” comme les brokers, les conseillers ou même les développeurs de logiciels, même si pour donner un exemple, le service IT dans lequel je travaille qui est pourtant prédestiné à la pratique de l’anglais, seules 20 % des communications se font dans cette langue.

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2 Réponses pour “Frangleutsch”
  1. roman

    N’empêche qu’il est plus important en Suisse de savoir l’allemand que le français ! Tous les sièges des grosses boîtes se trouvent à Zurich, à Bern, à Bâle….

  2. Cédric Bonvin

    C’est vrai… le nombre fait la force… mais comme on vient de le constater à Schaffouse, le français n’est pas mort !

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