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Mercredi 1 mars 2006 - 16:38 - Vision suisse

Je les imagine très bien, les ouvriers de la Boillat, à maudire ces sales suisses allemands ! Oui, ces enfoirés de Dornach qui veulent avoir le beurre et l’argent du beurre ! Bien sûr, je les comprends, mais ne sont-ils pas encore des privilégiés comparés à la grande majorité des travailleurs suisses ?

Je suis convaincu que la grande masse des employés de la Boillat habitent dans les environs de l’usine. Ils ont de ce fait peu de trajet à faire et rentre probablement tous les jours pour prendre le repas de midi en famille. N’est-ce pas de nos jours un véritable privilège ? Bien sûr, j’admets leur révolte, mais si je regarde autour de moi, la plupart des gens que je fréquente, partent le matin travailler et ne reviennent chez eux que le soir. De plus, la distance entre Dornach et Reconvilier n’est que de 59 kilomètres, soit environ une heure de trajet, une durée que la plupart des suisses allemands font pour se rendre à leur travail.

Maintenant, on peut trouver toutes les restructurations injustes et se révolter contre le système, mais je ne vois simplement pas pourquoi la Boillat fait tout ce bruit alors que beaucoup d’entreprises ont déjà connu ce genre de remaniement. Je viens également d’un canton où le marché du travail n’est pas des plus intéressants, j’ai vu des proches touchés par les changements opérés ces dernières années par Alcan sans pour autant qu’ils monopolisent les médias sur leur sort. J’ai moi-même du faire face au manque de possibilités de mon canton, c’est pourquoi je me suis exilé en Suisse allemande pour pouvoir travailler !

Alors je vous le demande, mesdames et messieurs les révoltés, pouquoi vous sentez-vous plus dommages que les autres ?

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12 Réponses pour “Désolé de ne pas être solidaire”
  1. Greg

    Enfin quelqu’un qui ose dire les choses en face… mais bon, le Jura a toujours été un pays de révoltés… ;-)

  2. Cédric Bonvin

    Tant qu’on peut profiter du système, on ne s’en plaint pas, mais dès qu’il se retourne contre nous, on crie aux éclats ! Réaction humaine.

  3. Bruce

    Reconvilier = Jura Bernois !
    (c’est pas que je veuille lancer la polémique hein), en plus je ne suis même pas Suisse.

  4. Cédric Bonvin

    Quelle polémique ? ;-)

  5. Bruce

    Humm… polémique ? quequ’un a parlé de polémique ici :P non là je ne vois pas hein
    Merci en tout cas pour cette réflexion intéressante sur la belle usine qui trone au coeur de notre beau village gaulois.

  6. Raph

    Pourquoi la Boillat fait tout ce bruit? parce que la restructuration est totalement absurde. Parce qu’ils ont les ouvriers ont la fâcheuse impression que des boursicoteurs sont en train de jouer avec eux - et que manque de chance, ils n’ont peut-être pas tort.
    Ce n’est pas une guerre contre Dornach, c’est bien plus complexe que ça. Et à la fin, c’est Hellweg qui gagne.
    Tu crois franchement que un mois de grève, sans savoir ce qui va te tomber sur le coin de la gueule, c’est juste un caprice d’enfant gâté?
    Par contre, jouer avec une entreprise sans se soucier des gens qui y bossent, ça pourrait bien être un caprice de HEC gâté.

  7. fredoche

    si je comprends bien, si toi tu es dans la merde et que d’autres se battent pour ne pas t’y rejoindre, donc pour ne pas tomber dans la merde, ben on devrait pas les aider, parce que quitte à y être, autant que tout le monde y soit?
    Surtout que ce conflit ne se limite pas à “je veux pas aller travailler à Dornach” ou “je ne veux pas aller travailler à 60 kms”.
    Tu devrais aller jeter un oeil à http://laboillat.blogspot.com

  8. Cédric Bonvin

    Je comprends ce combat et je le connais même plutôt bien, mon père étant un syndicaliste valaisan engagé (UNIA), ouvrier chez Alusuisse, puis chez Alcan, il a été à de nombreuses fois confrontés à ces situations. J’ai vécu ses combats de l’intérieur et j’ai rapidement remarqué qu’il fallait beaucoup d’effort pour pas grand chose. L’important est de négocier quitte à faire des concessions, mais la grêve n’entraînent que perte d’argent et de compétitivité. Les clients de la Boillat ne vont pas éternellement soutenir ce mouvement, si c’est pour mettre les employés de leur entreprise au chomage !
    Maintenant, je hais également l’attitude de HEC gâté (je n’en suis pas un, loin de là) mais vu de l’extérieur, on a l’impression que ce combat est condamné à échouer. N’ont-il pas déjà perdu 30% de leur clientèle ? De plus, les gens qui ont investi de l’argent dans cette entreprise n’ont pas envie de céder leur bien gratuitement. C’est la loi de l’économie de marché, elle est mauvaise mais l’argent va continuer encore longtemps à faire tourner la planète et à occasionner ces situations malheureuses.

  9. fredoche

    1. Non, ils n’ont pas perdu 30% de leurs clients. Le carnet de commande est plein jusqu’en été. Ce qui est déjà pas mal, non?
    2. Les ouvriers ont accepté de faire des concessions, puisqu’ils ont repris le travail avant que la médiation ne commence, ce qu’ils refusaient dans un premier temps. De facto, donc, ils ne sont plus en grève. Faut suivre.
    3. la direction n’a fait aucune concession, et met actuellement en danger la vie des ouvriers en les faisant encadrer par des cadres non qualifiés. Et vient d’annoncer 112 licenciements.
    4. Quant aux clients, ils n’ont pas d’autres choix que de soutenir, puisque les produits dont ils ont besoin ne peuvent être fournis que par la Boillat…
    5. Les actionnaires, ca c’est un mystère. Friedrich Sauerländer, président du CA, a fait couler 3 boites et s’est fait virer de la Rolex avant de réussir à couler la 4ième. Rien que ca, ca me rend sceptique sur ces capacités… Le problème, c’est que l’actionnariat est très dispersé, ce que tu saurais si tu parlais en connaissance de cause.
    6. Pour ce qui est de l’”echec programmé” et bien eux, au moins, ne se seront pas rendus sans combattre. Et rien que ca c’est admirable et ca leur a fait gagner ma solidarité à défaut de la tienne.

  10. Cédric Bonvin

    1. je parle de clientèle et non pas de carnet de commande,
    2. bien sûr qu’ils ne sont plus en grève, mais l’usine tourne au ralenti,
    3. des licenciements, il n’y en a pas qu’à la Boillat,
    4. on croit toujours être meilleur que le voisin
    5. le peuple suisse aussi est dispersé, n’empêche que quand on vote, ça compte,
    6. c’est une noble cause, mais comme souvent, il ne reste plus que la fierté.
    Maintenant, je te répète que je comprends ce combat, mais vu de l’extérieur, on a l’impression d’un village gaulois qui résiste à l’envahisseur romain.

    Et puis dans le fond, chacun ses combats!

  11. fredoche

    argh, je résiste pas.
    1. c’est tout de même la clientèle qui remplit le carnet de commandes, jusqu’à preuve du contraire.
    2. ca s’appelle la grève du zèle. Ils ne font que ce pourquoi ils sont payés et uniquement ce qui est marqué dans leur contrat de travail. Tant pis si Swissmetal est pas capable de leur faire de vrais contrats (d’ailleurs c’est facilement explicable, puisque la direction n’a aucune idée de la facon dont fonctionne une usine métallurgique… Ca laisse songeur).
    3. certes, ya des licenciements partout. Alors pour cette raison, il faudrait ne soutenir personne???
    4. sauf que là ce n’est pas eux qui le disent, mais les clients, qui ne vont pas voir ailleurs. Etrange, non?
    5. 80% des employés de Dornach sont des frontaliers. 50% des membres du CA de swissmetal sont domiciliés à l’étranger. Ca m’étonnerait que ce soit eux qui votent…
    6. eux, au moins, ils n’abdiquent pas. Pas le cas de tout le monde, hein?

    Chacun ses combats, effectivement. Mais il faut en avoir, me semble-t’il.

  12. J.-Marc Bonvin, co-président UNIA

    La grève de la Boillat demeure pour le Syndicat UNIA, un cas qui a permis de mesurer les limites de l’action syndicale dans notre pays.
    Evidemment, j’approuve l’action des ouvriers de la Boillat qui se battent pour mettre à égalité le travail et l’argent, car l’un sans l’autre, l’économie ne peut se réaliser.
    Pour sortir de cette pénible situation, des compromis de part et d’autre sont indispensables afin de maintenir un minimum d’activité de cette usine.

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