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Dimanche 4 mars 2007 - 12:34 - Vision politique

Non au démantèlement d’un système qui fonctionne bien. Les assurés ne veulent pas d’une étatisation de la santé publique qui entraîne des déficits et une médecine à deux vitesses:

Les avantages assurés par la concurrence sont plus importants que son prix: la concurrence entre les assureurs-maladie a son prix. Les frais occasionnés par le changement d’assureur et les frais de publicité ou d’informations aux assurés sont inévitables. Toutefois, ces dépenses ne représentent qu’une partie minime de la totalité des frais des assureurs-maladie. Calculés sur la base des coûts totaux de l’assurance-maladie, les coûts générés par la concurrence ne dépassent pas la barre de 1%. Surtout, la concurrence permet de réaliser des économies : le contrôle systématique des coûts par les assureurs-maladie assure une économie de plus d’un milliard de francs dans l’assurance-maladie de base.

Les assurés se déclarent satisfaits du système actuel: des enquêtes régulières démontrent que les assurés sont non seulement satisfaits de notre système de santé, mais aussi des assureurs-maladie. Une caisse-maladie unique interdirait tout libre choix de l’assureur-maladie et supprimerait la liberté d’opter entre diverses formes d’assurance permettant d’économiser des coûts ou différentes franchises.

La caisse unique entraînera des déficits: aujourd’hui, le système suisse de santé est financièrement sain, grâce aux réserves que les assureurs sont légalement tenus de constituer. La caisse unique est un premier pas vers l’étatisation du système de santé. Or, les systèmes étatisés favorisent les déficits, comme le démontrent tant la France que notre assurance-invalidité. Les dettes s’accumulent et mènent alors à la réduction des prestations.

La caisse unique instaure une médecine à deux vitesses: la caisse unique devrait être financée par des primes calculées en fonction du revenu. Ce mode de financement impliquera un nouvel impôt, dont le montant sera fixé par le Parlement. L’instauration d’une caisse unique n’ayant aucun impact modérateur (au contraire) sur l’évolution des coûts de la santé, le Parlement devra alors augmenter cet impôt chaque année. Cette solution n’est toutefois pas envisageable au niveau politique. Par conséquent, il faudra s’attendre à l’endettement de la caisse-maladie d’Etat ou au rationnement des prestations. La médecine à deux vitesses deviendra alors réalité, surtout si la croissance économique est faible et que la nécessité d’économiser s’accentue: ceux qui souhaiteront continuer à bénéficier de services de santé de haute qualité devront pouvoir s’offrir une assurance privée, très chère.

La caisse unique mène à une centralisation: l’initiative laisse la voie grande ouverte à la centralisation du système de santé. Il faudra alors oublier toute prise en compte des différences régionales ou cantonales. Surtout, l’on n’aura plus affaire à un assureur, dont on peut changer en cas d’insatisfaction, mais aux fonctionnaires d’une nouvelle administration fédérale…

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