“Le fondateur et prieur de la communauté oecuménique de Taizé, Frère Roger, a été mortellement blessé à coups de couteau, mardi, au cours de la prière du soir, par une Roumaine de 36 ans, qui a été aussitôt interpellée et placée en garde à vue.”
Après l’annonce du décès, une émotion compréhensible s’est emparée de tous les amis de la communauté, des chrétiens, des femmes et des hommes d’état, mais également aussi des médias. Je suis cependant troublé après avoir lu quelques articles de la presse francophone que l’on ne s’attardent pas sur les raisons qui auraient pu pousser cette femme à commettre ce meurtre. Tout au plus aurait-elle déclaré qu’elle voulait «attirer l’attention [de Frère Roger] mais pas le tuer». Difficile de comprendre comment elle peut affirmer ne pas avoir eu envie de le tuer alors qu’elle vient de lui asséner plusieurs coups de couteaux dans le corps et la gorge !
Malgré tout, les journalistes déversent des fleuves de mots pour expliquer le parcours de la victime, représenter au lecteur les réactions qui affluent, les fidèles qui prient pour son âme ou encore pour confirmer les condoléances qu’un grand de ce monde a transmis en respectant le protocole. Mais qu’en est-il vraiment ? Y a-t-il un mobile ? Pourquoi ai-je l’impression que l’on souhaite ne pas s’attarder sur cette femme et sur les causes de cette tragédie ? Il est si facile de la classer dans la catégorie des déséquilibrées pour l’oublier au plus vite, car un homme d’église est naturellement sans reproches.
On ne tue pas sans raison et il est parfois des raisons qu’il vaut peut-être mieux garder à l’abri des oreilles indiscrètes. Attention, Dan Brown est parmi nous, mais la vérité est sûrement ailleurs.