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Dimanche 8 juillet 2001 - 10:20 - Vision sociale
Alors qu’au loin retentissent les sifflets, les gens autour de moi se mettent chanter la prière patriotique, à genoux sur les pavés. Un homme tout de noir vêtu parle; de sa bouche sortent des histoires de péché, d’affront à Dieu et de malédiction. L’ambiance est terne, aucun sourire ne vient éclairer ces visages mornes. Nous entrons dans ce lieu de culte, l’orgue joue. Les gens s’asseyent, puis se remettent à genoux, la tête entre les mains pour demander pardon à Dieu de n’avoir rien pu faire.
L’homme en noir qui semble être le chef prend à nouveau la parole. Je ne comprends pas ce qu’il dit, il est question de blessure au plus profond de leur âme, de continuer le combat. Que fais-je ici ? Je ne me souviens pas. Mon cerveau est lavé, la bêtise des hommes en noir se déverse en moi et transpire à travers les pores de ma peau, mes yeux ne regardent que le vide, je ne me sens pas à ma place, je veux partir. Partir loin de cet endroit froid.
Mes jambes ne me soutiennent plus, le plafond de l’église tourbillonne au-dessus de ma tête, mon corps est en lévitation, je monte encore, à la recherche d’un air pur chargé de liberté. Le bleu du ciel apparaît, le tourbillon a disparu, je me sens léger comme l’air et un sentiment de profonde joie m’envahit lorsque mon regard croise cette foule qui défile joyeusement dans la rue. Enfin libéré de toute cette hypocrisie malsaine, je peux enfin commencer à vivre.
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Jeudi 5 juillet 2001 - 14:18 - Vision sociale
Quelle peut être la raison de sa pseudo culpabilité ?
Patrick est un jeune garçon de seize ans, frêle, mal dans sa peau et qui n’a pas beaucoup d’amis. Le peu de copains qu’il avait lui adressaient la parole en le prenant de haut, se vantant des petits larcins qu’ils avaient commis. Patrick aurait voulu être comme eux, pouvoir s’affirmer et surtout inspirer le respect, être un meneur. Ces journées, il les passe seul à se promener dans la nature lorsqu’il ne travaille pas dans ce restaurant comme cuisinier.
Son esprit est flou, il aimerait devenir quelqu’un, qu’on le reconnaisse et surtout, ce qu’il aimerait le plus au monde, c’est qu’on le craigne et qu’on ait du respect pour lui. C’est alors que ce jour-là, lorsqu’un inspecteur vient le trouver pour lui parler du meurtre de deux enfants près de la voix ferrée, il ne se rappelle plus de ce qu’il avait fait durant cette fameuse journée. Tout de suite, la machine judiciaire se met en marche, il devient le centre d’intérêt d’un quantité de personne et les interrogatoires qu’on lui fait subir ressemblent plus à un stratagème pour lui faire avouer des choses qu’il n’a pas commise. On lui repète en long et en large la version des faits de la justice jusqu’à lui laver le cerveau, jusqu’à lui faire avouer ou devrais-je dire répéter mot pour mot ce qu’il a entendu.
La justice veut un coupable et elle le veut tout de suite pour montrer quel service d’Etat fiable et efficace elle est. Comme machinalement, des aveux insuflés par des maîtres sortent de la bouche de Patrick. Pris au jeu de la célébrité, couvert des pieds à la tête lors de ses sorties avec les policiers, Patrick sent maintenant qu’il fait peur. Tout ce jeu est comme un film et il a le rôle principal jusqu’à ce qu’il se rende compte de ce qu’il risque de subir durant toute sa vie. C’est là qu’il repense à ce jour où il est allé se promener, à ces souvenirs qui ne lui reviennent pas, ce trou noir dans sa mémoire… mais non ce ne peut pas être moi, ce n’est pas moi, j’en suis sûr.
Douze ans plus tard, de derrière les murs, de derrière les barreaux, le nom d’un célèbre psychopate arrive à ses oreilles. Il paraîtrait que ce tueur se trouvaient sur le lieu du meutre ce jour-là, étrange coinscidence, mais une lueur d’espoir renaît dans ses yeux, cette fois le monde saura la vérité, mais malheureusement lorsqu’il comparaît à nouveau devant le tribunal, son espoir s’évanouit devant une justice qui n’ose pas reconnaître ses erreurs, et puis, l’autre est également en prison, alors pourquoi prendre des risques, gardons les deux !
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Dimanche 1 avril 2001 - 00:30 - Vision sociale
Les contestations organisées par le groupement Romandit contre la Gay-Pride de Sion ont fait du bruit, tellement de bruit d’ailleurs, que plusieurs associations chrétiennes de défense des minorités ont décidés de se mobiliser contre cette vague d’homophobie qui a submergés le Valais. Ainsi, il a été décidé, en parallèle avec la Gay-Pride, d’organiser un défilé de soutien dans les rues de Sion. Plusieurs associations se sont déjà manifestée et nous avons rencontrés l’initiateur de ce soutien, l’Abbé Allegra de l’Eglise Gostique :
Vision Libre:
En tant que Chrétien, comme se fait-il que vous ayez décidé de soutenir les homosexuelles dans leur action ?
Abbé Allegra:
Jésus a dit : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Je ne peux donc, en mon âme et conscience, reléguer au rang d’animal toute une communauté, minoritaire soit-elle.
VL:
N’avez-vous pas peur de représailles de la part d’autres mouvements religieux plus conservateurs ?
AA:
Vous savez, aujourd’hui, chaque acte apporte son lot de réactions et de protestations. J’ai entrepris cette action parce que j’ai la profonde conviction que cette minorité de la population a besoin qu’on la soutienne.
VL:
Il est écrit sur l’annonce de Romandit parue dans le Nouvelliste que Jésus et la religion chrétienne condamnent fortement l’homosexualité. Qu’elle est votre position la-dessus ?
AA:
Jésus a toujours été du côté des minorités, des exclus, des incompris. Jésus n’ignore pas les différences : il les reconnaît et les prend en compte, car toutes permettent aux humains de révéler les oeuvres de Dieu, car nous sommes bien tous, les homosexuelles y-compris, des oeuvres de Dieu.
VL:
Votre discours ne va pas plaire à certain, pensez-vous que Jésus aurait soutenu la Gay Pride ?
AA:
J’en suis convaincu, il aurait même été le premier à défiler en tête du cortège.
VL:
Affirmez-vous par-là, que Jésus était gay ?
AA:
Absolument, pour moi, les relations de Jésus était typiquement homosexuelles. Il ne s’est jamais marié et n’a jamais eu d’enfant. Ses rapports avec les femmes ont été marqués par une forte sensibilité à leur égard et une grande ouverture d’esprit, dénuée de désir, de préjugés et d’hypocrisie. De plus plus, plusieurs indices permettent de soutenir cette thèse, par exemple, au cours du baptême de ses disciples, le “Fils de Dieu” entrait en communion autant spirituelle que charnelle avec eux, nus et émergés dans l’eau.
VL:
Pour en revenir à votre action, sous quelle forme se fera votre manifestation ?
AA:
Nous défilerons simplement au milieu des homosexuelles afin de leur montrer que nous les soutenons et que l’Eglise ne les oublie pas.
VL:
Merci de votre témoignage
AA:
Merci.
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Dimanche 25 mars 2001 - 12:00 - Vision sociale
Michaël est un jeune français de 27 ans détenu en Indonésie depuis le 26 décembre 1999. Il est accusé de trafique de haschisch.
Cuisinier de métier, il a voyagé un peu partout dans le monde avant de se fixer à Bali en 1995. Lors du retour d’un voyage en Inde, fin 1999, un ami français lui a confié des bouteilles d’air comprimé, partie d’un équipement de plongée sous-marine, car Michaël n’avait pas d’excédent de bagage.
Au passage de la douane de l’aéroport de Bali Michaël fut arrêté sous prétexte que dans les bouteilles il y avait 3800 g de haschisch. Les preuves matérielles de la présence de cette drogue dans les bouteilles transportées par Michaël ne lui ont pas été présentées, pas plus qu’à ses avocats.
Il clame son innocence et il a plaidé non coupable lors de son procès qui vient de se tenir au mois de novembre à Denpasar (Bali). Aucun effort pour trouver le propriétaire des bouteilles ou vérifier les déclarations de Michaël ne fut fait. Le procureur avait requis la peine de mort estimant qu’il avait
sciemment essayé d’introduire illégalement de la drogue en Indonésie dans le but de la commercialiser.
Afin de soutenir ce jeune homme, ce qui exigent des moyens financiers importants, un comité de soutien “L’association de soutien à Michaël Blanc” s’est constitué et a ouvert un site internet afin de trouver du soutien et des fonds afin de sortir Michaël de prison.
Le webzine Vision Libre, fervant défenseur de la liberté d’expression et des libertés en général, ne peut accepter un tel extrêmisme de la part d’un pays dont le mot justice ne signifie rien du tout et vous prie de soutenir cette action en signant la pétition. En effet, il n’est pas concevable, en 2001, d’être condamné à mort pour une chose que l’on n’a pas commise.
Plusieurs grands médias ont déjà apporté leur soutien à Michaël Blanc : la Télévision Suisse Romande, Thierry Ardisson “Tout le monde en parle”, M6, RFI, Europe 2, Fun Radio, etc… faites de même !
Merci pour lui !
www.michael-blanc.com
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Dimanche 11 mars 2001 - 12:00 - Vision sociale
Samedi 10 mars 2001, pour la première fois de ma vie, j’ai eu honte d’être valaisan. J’ouvre le Nouvelliste en page 36 et c’est là qu’une page entière homophobe me saute à la tête. Une pétition contre la “Gay Pride” qui aura lieu à Sion au mois de juillet prochain. Habitant Zurich avec ma femme et ma fille, nous étions plutôt habitués à voir défiler dans les rues la communauté homosexuelle et jamais je n’aurais pensé que le peuple de mon canton adoré pouvait être à ce point renfermé sur lui-même et homophobe.
J’aurais pu comprendre qu’on fasse circuler une pétition, mais cette publicité est vraiment contraire aux droits de l’homme, on en arrive même à qualifier l’homosexuel d’homme inférieur à la bête. Pour cette ou ces personnes (ils n’ont naturellement pas indiqués leur nom), l’homosexualité est une calamité pour la santé publique, un décomposition des moeurs pour la jeunesse, de la criminalité pour la société et un péché mortel pour l’Eglise. D’autres slogans tels que “Tantes à Sion, Tentation diabolique” agrémente encore ce torchon de bêtises conservatrices.
Un des arguments qui revient est le taux de suicides chez les homosexuels. Mais ce qu’ils ont oubliés de signaler, c’est que c’est à cause de petites gens comme eux, sans tolérance et sans ouverture, que les gays en viennent à se suicider, se sentant exclus de la société, car peu importe ce que pensent ces défections humaines, on ne devient pas homo et surtout on ne choisit pas. Mais bon, allez expliquer à une bande de petits bourgeois plein de frics que l’homosexualité est une fatalité et non pas un choix.
Dans cette honteuse publication, les homosexuels sont également assimilés aux pédophiles, aux criminels et autres meurtriers.
Enfin, je ne suis pour l’instant pas du tout concerné par l’homosexualité, mais qui me dit que ma fille ne le sera pas un jour ? Et qui me dit que les enfants des personnes ayant publiés ces propos homophobes ne le seront pas un jour ? Pour ces dernières, j’espère que cela leur arrivera et ce jour-là, peut-être, ils accepteront d’ouvrir leur yeux et de regarder en face ce qui existe depuis la nuit des temps.
L’article ainsi que la pétition sont diposnibles sur le site de la honte romandit.ch
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