L’exposition nationale suisse a enfin pris son envol hier soir après plusieurs années de crises et d’incertitude.
Le coup d’envoi d’Expo.02 a été donné hier soir en présence de tout le gratin suisse. Après plusieurs années de crises, de coupes budgétaires, du report d’Expo.01 à Expo.02, de critiques virulentes, l’exposition nationale suisse s’est enfin matérialisée et tout le peuple suisse a enfin pu voir concrètement en direct sur toutes les chaînes de télévision nationales où son argent a été investi.
En ce jour d’ouverture, la palme doit sans aucun doute être attribuée à la technique : le spectacle s’est déroulé en simultané sur les quatres arteplages avec quatre orchestres, des musiciens de renom, 1800 figurants et une trentaine d’acteurs et danseurs professionnels. La SSR(TV Suisse) a réalisé une prouesse technique en diffusant simultanément les quatre spectacles avec une parfaite synchronisation, une première mondiale au coût plutôt honéreux : 5 millions de francs suisses.
On ne va pas s’attarder sur le spectacle qui est certe également une prouesse technique de mise en scène et de coordination mais qui n’aura probablement pas beaucoup touché le suisse moyen qui recherche plutôt un divertissement qu’une mise en scène énigmatique pour petits bourgeois se disant amateur d’art. Peut-être que le comité d’organisation a voulu prouver par ce spectacle son bon goût et son sens artistique mais personnellement, j’ai zappé sur les chaînes française après moins de trois quarts d’heure de spectacle. On aurait aimé un spectacle peut-être un peu plus simple mais qui pose les bonnes questions et surtout celle qui font le fondement même de cette exposition nationale.
Bon, nous n’allons pas jeter la pierre sur ce spectacle car il ne reflète bien-sûr pas à lui-seul ce que Expo.02 sera durant ces 159 jours, avec ses arteplages, ses 40 expositions et près de 10,000 spectacles à l’affiche. Réjouissons-nous plutôt que Expo.02 existe enfin, profitons de cette période pour nous réunir et renforcer notre identité, utilisons l’expo pour en faire une grande fête et oublions que cette petite plaisanterie a coûté au contribuable près de 980 millions de francs suisses.
