Blog > Gren un jour, gren toujours! Première partie

On ne sait jamais vraiment ce qui nous a poussé à écrire “grenadier” sur la fiche lors du recrutement. Probablement des amis ou des proches qui nous ont raconté leurs aventures au Tessin avec suffisamment de passion pour nous convaincre.

Dès le premier jour pourtant, en mettant les pieds, de préférence chaussés par des baskets, sur le perron de la petite gare de Riviera, on sent tout de suite que la fête est finie et qu’à cet instant précis, une autre vie commence. La montée vers la caserne sera notre dernier répit.

Le dépaysement devient vraiment total lorsque arrivés sur la place d’armes, on nous ordonne d’effectuer tous nos déplacements en courant, en colonne par deux dans une formation sans faille, et que l’on vous beugle dessus en vous faisant faire des pompes très régulièrement. Les premiers repas pris en cinq minutes ajoutent une touche d’exotisme au voyage.

Au premier abord, beaucoup de gens trouvent cette “soumission” barbare, mais elle est la condition sine qua non à la mise en place d’une discipline indispensable au travail qui attend le futur grenadier. Environ deux tiers des recrues ne finiront pas les trois premières semaines.

Les candidats à l’école des grenadiers sont déjà dans leur grande majorité des sportifs avertis. Contrairement aux idées reçues, peu boivent comme des trous, peu sont fous et il n’est pas rare qu’ils passent leurs premières sorties au lit, histoire de récupérer un peu avant le lendemain. Ne serait-ce pas là un signe évident de sagesse?

Oui, c’est vrai, je l’avoue, le but final est quand même de faire tout péter, mais curieusement, jamais avec l’inconscience ou la haine que l’on pourrait ressentir face à un véritable ennemi…

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